
– Maman, c’est quoi un coach professionnel ?
Hum… est-ce que tu t’interroges sur mon métier ?
– Oui, un peu.
Ce n’est pas très clair pour toi, c’est ça ? Qu’est-ce que tu veux savoir ?
– Eh bien, c’est quoi ton métier ? Qu’est-ce que tu fais ?
Mon métier c’est de faire du coaching. J’aide les personnes à développer leur potentiel pour qu’elles atteignent leurs objectifs.
– Développer leur potentiel ?
Oui, nous sommes tous capables de faire plein de choses.
C’est comme si à l’intérieur de nous, il y avait des trésors cachés derrière des portes fermées à clef.
Mon rôle c’est d’aider les personnes à déverrouiller ces portes pour leur permettre d’accéder à leur trésor.
Ce trésor c’est ce que j’appelle le potentiel : il est là, plein de promesses et il attend d’être trouvé pour faire des choses géniales.
Quand la personne accède à son potentiel, elle peut atteindre ses objectifs. Parfois, elle peut même les dépasser !
– Quels types d’objectifs ?
Des objectifs personnels comme avoir plus confiance en soi, trouver un équilibre de vie, mieux s’entendre avec une autre personne, ou des objectifs professionnels comme se sentir mieux dans son travail, prendre les bonnes décisions, retrouver la motivation, changer de métier ou être plus efficace…
En général, les personnes ont déjà beaucoup réfléchi à leur question et essayé plein de choses mais ce n’est pas suffisant, elles ont besoin d’une aide extérieure.
Coacher une personne c’est explorer avec elle sa manière de voir, de ressentir et de vivre les choses pour identifier ce qui bloque et trouver des solutions.
– Comment tu les aides alors ? Elles ont toutes un métier différent ? tu ne peux pas connaître tous les métiers ?
Pour accompagner une personne je n’ai pas besoin de connaître son métier.
– Comment tu fais alors ?
C’est parce qu’en coaching on n’aide pas les personnes à résoudre des difficultés techniques. Si le chirurgien ne sait plus comment opérer un genou, il va suivre une formation, il ne vient pas en coaching. Mais s’il a perdu la motivation pour opérer ou si dans le bloc opératoire il y a une mauvaise ambiance et qu’il veut que ça change, alors c’est là que j’interviens.
– Ok… alors tu aides les personnes à mieux s’entendre
Je travaille sur la relation : ce qui se passe entre les personnes mais aussi la relation que les personnes entretiennent avec elles-mêmes.
– Avec elles-mêmes ?
Oui, si une personne a besoin de retrouver la motivation, il va falloir explorer comment elle l’a perdu, ce qui se passe à l’intérieur d’elle, ce qu’elle fait ou ne fait pas, depuis quand, c’est quoi pour elle être motivée, comment elle faisait avant pour se motiver, pourquoi ça ne fonctionne plus, etc.
– Tout ça ?
Oui, coacher une personne c’est explorer avec elle sa manière de voir, de ressentir et de vivre les choses pour identifier ce qui bloque et trouver des solutions.
– Mais elles ne savent pas comment faire ! Tu pourrais leur donner la réponse, ça irait plus vite ?
Oui, c’est sûr, tu as raison, ça irait plus vite mais ce n’est pas le but du coaching. Si les personnes veulent des conseils, elles vont voir un consultant, c’est un autre métier.
La spécificité du coaching c’est de permettre aux personnes de développer leur capacité à résoudre elles-mêmes leurs problèmes pour le faire ensuite de manière autonome.
– Comme quand on fait les devoirs…
C’est-à-dire ?

– Tu ne me donnes pas la réponse et tu m’obliges à réfléchir pour trouver la réponse moi-même.
Oui, c’est un peu ça. Et comment je fais quand je t’oblige à réfléchir ?
– Tu me poses des questions…
Oui, et ?
– Parfois on fait des dessins ou des exercices …
Oui, et ça sert à quoi tout ça ?
– Tu m’aides à réfléchir, c’est plus clair et je finis par trouver la réponse. Je n’aime pas quand tu fais ça.
Qu’est-ce que tu n’aimes pas ?
– C’est dur, ça prend du temps, je dois réfléchir
Tu veux dire que tu dois faire un effort ?
Quand une personne vient en coaching, elle travaille, elle aussi. Moi je l’aide à réfléchir et à trouver les solutions.
Si elle ne fait pas d’effort, il ne se passera rien et moi je ne pourrai pas l’aider.
Souviens-toi quand tu as voulu enlever tes petites roulettes. Je te tenais pour garder l’équilibre. Mais si toi, de ton côté, tu n’appuyais pas sur les pédales, le vélo n’avançait pas et tu tombais.
Moi je guide la personne, je lui permets de trouver l’équilibre et elle, de son côté, elle « pédale » pour avancer. Je la guide jusqu’à ce qu’elle n’ait plus besoin de moi.

– Comment tu la guides si tu ne connais pas son métier, je ne comprends pas…
Je crée les conditions pour que la personne puisse explorer sa machinerie interne et faire les réglages nécessaires.
– Sa machinerie interne ?
On ne se rend pas compte que, parfois, notre façon de voir les choses nous restreint dans nos choix et nos actions.
Oui, mon métier c’est d’« ouvrir le capot » et explorer avec la personne sa machinerie interne. Ensemble, on regarde les pièces du moteur et la manière dont ces pièces fonctionnent ensemble.
– Tu es une mécanicienne des gens !?
C’est une image !
Mon rôle c’est de guider la personne pour qu’elle fasse ses propres ajustements. Je suis à côté d’elle, légèrement en retrait, je l’éclaire.
– Tu l’éclaires comment ?
Je l’éclaire sur son propre mode de fonctionnement. C’est difficile d’avoir conscience de la manière dont nous pensons ou ressentons les choses. Ça fait tellement partie de nous ! On ne se rend pas compte que, parfois, notre façon de voir les choses nous restreint dans nos choix et nos actions.
Parfois notre cerveau fait des raccourcis ou on se met des choses en tête et ça nous prive d’opportunités.
– Comme quand je pensais que mon copain Gabriel ne m’aimait pas parce qu’il ne voulait pas jouer au foot avec moi et les autres ?
Oui, à ce moment-là, ton cerveau a fait un raccourci : il ne veut pas jouer au foot avec moi = il ne m’aime pas. En coaching on appelle ça une distorsion.
– Mais après il m’a dit que j’étais un super copain et qu’il adorait jouer aux cartes Pokémon avec moi.
Oui, c’est vrai. Finalement, qu’est-ce que tu as retiré de cette expérience ?
– Qu’il est mon copain mais qu’il préfère jouer aux cartes Pokémon plutôt qu’au foot.
En effet, il est probablement plus à l’aise dans les moments où vous n’êtes que tous les deux. Et quand on en a discuté, tu as découvert que nous n’aimons pas tous les mêmes choses. Si tu étais resté sur ta première idée, tu te serais resté fâché avec ton copain.
– Oui, c’est vrai.
Le coach identifie avec la personne ce qui la freine pour atteindre son objectif et l’aide à enlever ces freins.
– C’est quoi les freins de tes clients ?

Ça peut être une distorsion, comme avec Gabriel. Prenons un autre exemple.
Admettons que je me dise que pour être un bon dirigeant il faut avoir fait une école de commerce. C’est ce que je crois. Si je n’ai pas fait d’école de commerce, je risque de restreindre mes ambitions professionnelles. Peut-être que je n’aurai pas confiance en moi.
Cette croyance me freine. Elle est peut-être associée à des peurs comme celle de ne pas être légitime.
Ces blocages prennent tellement de place dans notre cerveau que celui-ci n’arrive plus à y voir clair. Et avec les émotions qui s’en mêlent, tout seul c’est difficile de s’en sortir. On est comme perdu dans la forêt de nos pensées et de nos émotions.
Mon rôle c’est d’aider la personne à sortir de la forêt et atteindre sa destination. J’identifie avec elle ce qui, à l’intérieur d’elle-même, l’empêche de trouver son chemin. Et mon rôle c’est aussi de l’aider à trouver ce qu’elle pourrait utiliser à l’intérieur d’elle et dans son environnement pour atteindre elle-même sa destination.
On a tous un réservoir de ressources c’est-à-dire des choses qui peuvent nous aider, mais parfois on ne sait pas que ces ressources sont disponibles et on ne les utilise pas. Le rôle du coach c’est de l’aider à les trouver.
Quand tu es allé demander au vendeur des renseignements sur la BD que tu cherchais la semaine dernière, au début, tu ne voulais pas demander tout seul. Tu étais intimidé et tu avais même un peu peur. Et puis finalement, tu y es allé. Qu’est-ce qui t’a permis d’y aller ?
– Du courage, j’ai pris une grande respiration. Tu es restée à côté de moi aussi.
Le courage, prendre une grande respiration, me demander de rester à côté, sont des ressources que tu as mobilisées pour atteindre ton objectif.
– Oui mais heureusement que tu m’as aidé, tout seul je ne l’aurai pas fait.
Je t’ai aidé à trouver ce courage en toi et à décider des paramètres nécessaires pour que tu réussisses. Mais c’est toi qui es allé voir le vendeur et qui lui a posé la question. Est-ce tu te sens capable de solliciter de nouveau un vendeur ?
– Oui, maintenant je suis capable
Tu l’as toujours été mais cette capacité était encore en veille. Ensemble, on l’a activée. C’est ça le coaching ! Tu as développé ton potentiel que tu pourras désormais continuer d’exploiter.
– Ok… c’est ça le coaching…

– Je comprends un peu mieux maintenant… mais je ne savais pas que j’avais une machinerie interne…
C’est une image ! Mais c’est vrai que le coaching donne l’occasion d’ouvrir son capot et de l’explorer un peu.
En général on s’intéresse peu à la façon dont notre machinerie interne fonctionne. On sait qu’elle tourne et ça nous suffit. On préfère soigner notre carrosserie.
– Est-ce que je peux être coach moi aussi ?
Oui bien sûr. Il te faudra suivre une formation professionnelle pour apprendre ce métier et développer les compétences du coach, il y en a 8. Il te faudra un superviseur aussi.
– Un superviseur ?
C’est le coach du coach. Le coach aussi doit de temps en temps ouvrir son capot et explorer sa machinerie interne pour continuer à bien aider ses clients.
– Mais des fois, tu n’as pas qu’un seul client, tu t’occupes des équipes ?
Oui, alors ça c’est le coaching d’équipe. Mais regarde, on arrive. Je te propose de reprendre cette conversation plus tard.
On a tous un réservoir de ressources c’est-à-dire des choses qui peuvent nous aider, mais parfois on ne sait pas que ces ressources sont disponibles et on ne les utilise pas. Le rôle du coach c’est d’aider à les trouver.